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La Réunion : La renaissance du Musée du sucre

Publié le 3 novembre 2009, par Patrick Cros/Naja

Figure emblématique de La Réunion, le musée de la canne à sucre reprend vie à Saint-Leu, à l’Ouest de l’île, sous l’impulsion de la Seml Réunion Muséo et de la Région. Une nouvelle scénographie appuyée par une politique marketing efficace permet au site de relever la tête après des années difficiles, dues à une image vieillissante et à des facteurs externes comme le chikungunya.

Symbole de la renaissance du musée de la canne à sucre, le nombre d’écoliers venus découvrir le site culturel réunionnais a doublé en un an © Réunion Museo

À une cinquantaine de kilomètres de Saint-Denis, le musée de la canne à sucre Stella Matutina, à Saint-Leu, est entré depuis 5 ans, dans une nouvelle dynamique. Un effort s'imposait pour reconquérir la clientèle locale, qui boudait un parcours muséographique vieillissant et figé. « Notre objectif a d'abord été de donner une dimension humaine à un musée de 5 000 m2 qui mettait essentiellement en avant, depuis sa création en 1991 des machines industrielles et agricoles », raconte Jo Payet, directeur de la Seml Réunion Muséo qui gère le musée. Pour replacer l'homme au cœur de cette épopée du sucre, qui a entraîné le développement économique de l'île à partir du XIXe siècle, une exposition, appuyée par la publication d'un ouvrage, a été dédiée aux ouvriers qui ont oeuvré dans les champs et les usines jusque dans les années 1960. « Nous avons ainsi travaillé à partir de leur témoignage et illustré l'ouvrage de photographies de Yann Arthus Bertrand qui montrent le fier visage de ces hommes », explique Jo Payet.

Ce travail de fond se poursuit aujourd'hui avec la création en septembre 2009 d'une exposition temporaire sur « les engagés du sucre », ces travailleurs volontaires venus remplacer les esclaves qui avaient jeté les bases de l'industrie locale. « De 1850 à 1950, c'est un siècle d'histoire méconnue de La Réunion qui est racontée. Venus de Chine, d'Afrique et d'Inde pour s'investir dans les plantations, ces hommes ont alors contribué à la gloire du sucre », commente le directeur de la Seml Réunion Muséo.

Un nouveau projet appuiera cette dynamique en 2010 en mettant en valeur la richesse de la canne à sucre à travers ses multiples ressources : le rhum, le sucre, mais aussi l'énergie grâce à la bagasse, partie sèche de la plante qui produit de l'électricité par combustion. « C'est une dimension moderne et durable qui est ainsi apportée à une industrie séculaire », commente Jo Payet.

Pour soutenir cette stratégie innovante, La Région a investi plus de 200 000 euros dans la réhabilitation du site (peinture, restauration des machines et aménagement des jardins et de la cour). Une campagne marketing a également été lancée pour donner une image neuve au musée. Résultat : une hausse de près de 15 % de la fréquentation pour les neuf premiers mois de l'année 2009. Le public jeune a particulièrement répondu à l'appel grâce à une action de sensibilisation des enseignants. Le nombre de scolaires a doublé en un an passant de 7 000 à 14 000. Au total : ce sont près de 45 000 visiteurs qui sont attendus en 2009, contre 39 000 en 2008, 35 000 en 2007 et 30 000 en 2006, année où l'épidémie de chikungunya avait frappé l'île.

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