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Les Epl au secours d’un cinéma culturel

Publié le 12 février 2014

Dans un marché international qui tend à privilégier les super productions et leur diffusion dans des multiplexes, des collectivités locales s’organisent pour développer, via des Epl, une dimension culturelle dans leur cinéma. Des productions innovantes voient également le jour, comme à La Réunion avec la Sem Pipangaï, ou à Paris avec La Géode.

Le Cyberdôme de Pipangaï production sur la commune du Port. © Pipangaï Production

Les premières « Assises pour la diversité du cinéma français », organisées par le CNC en janvier 2013 à la demande du ministère de la Culture et de la Communication, avait indiqué l’urgence d’adapter et de moderniser l’industrie cinématographique française. Un an plus tard, le rapport de 200 pages remis au Gouvernement par René Bonnell confirme la nécessité de faire évoluer le 7e art dans l’hexagone : la fréquentation des salles s’essouffle, le cinéma français voit sa part de marché s’effriter, les investissements en production diminuent, …

Conscientes de l’enjeu à la fois économique et culturel, des collectivités locales n’ont pas attendu pour soutenir, parfois depuis des décennies, le cinéma sur leur territoire. Des initiatives soutenues par le Gouvernement, en particulier via le CNC, mais aussi par l’Europe qui a renouvelé son feu vert en novembre. « Le cinéma n’est évidemment pas une activité économique comme les autres ; c’est une composante majeure de la culture et, je dirais même, de l’identité européenne », a commenté Joaquín Almunia, vice-président de la Commission européenne en charge de la Concurrence, sur les aides des Etats européens au cinéma, lors d’une conférence de presse.

Un équilibre délicat

Afin de concilier nécessités économiques, attentes des habitants et politique culturelle locale, plusieurs cinémas modernes ouvrent leur porte cette année dans l’hexagone sous l’impulsion d’Epl, comme les Spl Sarrebourg Culture (57) et Cinos (Berck sur Mer, 62). Au programme : équipement à la pointe des tendances actuelles, salles dédiées au cinéma art et essai comme aux nouveautés nationales, et sensibilisation des publics, dont les scolaires, au 7e art.

Des productions originales voient également le jour. La Sem La Géode, par exemple, confirme sa stratégie d’innovation avec des films comme « D-Day : Normandie 1944 » (sortie prévue le 2 avril prochain) qu’elle coproduit et distribue. Mais, c’est à La Réunion qu’une Sem, Pipangaï production, est devenue l’un des chefs de file européens d’un cinéma d’animation novateur, capable de s’imposer face aux productions asiatiques ou américaines. Le « Chemin d’Adama » sera son prochain long-métrage, coproduit avec le Français Simon Rouby et Naïa Productions.

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