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Occitanie

A Toulouse, le téléphérique urbain Téléo facilite la ville

Publié le 1 juin 2022, par Stéphane Menu

Le troisième téléphérique de France a été inauguré le 14 mai dernier à Toulouse. Téléo, tel est son nom, s’étend sur 2,7 km et enjambe la ville rose pour alléger le trafic automobile. La Spl Tisséo Ingénierie en a été la cheville ouvrière. Jean-Michel Lattes, son président, explique l’importance du projet.

Les premières réactions des Toulousains sont très enthousiastes (Photo Wikimedia Commons)

Téléo c’est  « un projet que l’ancien maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, a porté après la catastrophe de l’usine d’AZF, le 21 septembre 2001. Il a tout de suite imaginé qu’un Oncopole verrait le jour sur ce lieu et qu’il fallait relier les trois pôles de santé de Toulouse avec un téléphérique urbain », explique Jean-Michel Lattes, président de Tisséo. Il aura fallu une bonne vingtaine d’années pour que le projet devienne concret (regarder la vidéo pour comprendre l’origine du projet). Le 14 mai dernier, Téléo est devenu le troisième téléphérique urbain de France, après ceux de Brest et de Saint-Denis, à la Réunion. Il en est aussi le plus ambitieux : 3 stations, une liaison de 2,7 km, capable de supporter des rafales de 108 km/h et faisant tourner le long des câbles 15 cabines avec des fréquences de 1m30 en heures de pointe.

Gain de temps et attractivité touristique pour ce téléphérique urbain

« Sur un plan géographique, Toulouse est organisé sur un réseau en étoile et avait besoin d’une liaison transversale dans le sud de l’agglomération. Ce qui permet ainsi de passer d’une zone périphérique à une autre sans passer par le centre », explique le président. Ainsi donc, le voyageur monte dans une cabine à la station métro Université-Paul Sabatier, file vers le CHU Rangueil et poursuit vers l’Oncopole, centre hospitalier et de recherche. « Les premières réactions des Toulousains sont très positives. Pour certains, c’est un gain de temps énorme. Nous mesurerons plus tard l’impact sur le trafic routier mais il va de soi qu’il sera positif. De plus, l’ouverture prochaine de la troisième ligne du métro, dont le chantier a été lancé au début de l’année 2021, complètera notablement les efforts entrepris pour réduire le trafic routier », se réjouit Jean-Michel Lattes. « De plus, Téléo, un peu comme le viaduc de Milhaud, peut être un élément structurant de l’attractivité de la ville. Beaucoup de Toulousains se prennent au jeu, la vue est à couper le souffle. A certains endroits, on se trouve à 75 mètres du sol et lorsque le temps est dégagé, on aperçoit les Pyrénées ».

Cinq fois moins polluant qu’une voiture !

Les estimations tablent sur 8 000 passagers journaliers. « Ce chiffre est d’ores et déjà atteint ». Les 20 000 étudiants de l’université Paul-Sabatier vont certainement voir leur vie changer du tout au tout. Le projet a coûté 82 M€. « Les téléphériques urbains, on en parle depuis une quinzaine d’années, ça se développe mais doucement, ils présentent des avantages dans les milieux urbains très denses, ou en cas de topographie particulière. C’est un mode de transport très sûr, non bruyant, avec des vitesses commerciales intéressantes », relève Anne de Bortoli, experte en transports de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées de Paris, auprès de Localtis (16 mai 2022). Et d’assurer que ce téléphérique urbain, 100 % électrique, est « trois fois moins impactant que le bus et cinq fois moins que la voiture ».

« En matière de transport public, l’équilibre financier n’existe pas »

Jean-Michel Lattes souligne le rôle important de la Spl dans ce projet. « Nous nous sommes aussi appuyés sur les travaux de la Spl Tisséo Ingénierie, un des deux opérateurs avec Tisséo Voyageurs. Nous sommes sur un modèle gagnant-gagnant. En matière de transport public, l’équilibre financier n’existe pas. Le prix du ticket ne couvre qu’un tiers du coût de la construction et de la maintenance. Mais nous gagnons beaucoup en termes de qualité de vie et nous sommes dans la dynamique de la transition écologique. Ainsi envisageons-nous prochainement de raccorder l’alimentation électrique de Téléo avec une ferme électrique installée près de l’Oncopole et qui produit trop d’électricité. Nous examinons la possibilité de la récupérer ». D’autres villes (Ajaccio, Grenoble, Créteil) ont dans les cartons des téléphériques. Toulouse démontre avec force que le défi mérite d’être relevé.

 

Retrouvez l’interview exclusive de Jean-Michel Lattes sur le projet Téléo lors du Congrès de Toulouse en octobre 2021

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