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Provence-Alpes-Côte d’Azur

La Ciotat, nouvelle capitale des super yachts

Publié le 26 février 2013, par Patrick Cros/Naja

Moribonds dans les années 1990, les chantiers navals de La Ciotat sont devenus en moins de deux décennies les leaders européens de la maintenance des super yachts. Un véritable cluster dédié à cette activité s’est créé dans la commune des Bouches-du-Rhône.

En 2014, les chantiers navals de La Ciotat renforceront encore leur compétence avec la modernisation de la Grande Forme qui permettra aux entreprises du site de travailler sur des yachts géants de plus de 80 mètres et 2 000 tonnes. © DR

C'est une reconversion exceptionnelle pour les chantiers navals de La Ciotat. Finie la construction de grands navires, notamment des gaziers et pétroliers, dont la production s'est définitivement achevée en 1988. L'heure est aujourd'hui à la maintenance et à la refonte des super yachts, ces bateaux de plus de 24 mètres qui nécessitent un entretien régulier. Sur ce marché en forte croissance, La Ciotat a vite trouvé sa place pour devenir aujourd'hui le leader européen.

A l'origine de cette success story, la Semidep a su valoriser les atouts du site : la proximité du Nord de l'Italie et de la Côte d'Azur, où stationne une grande partie des grands yachts, et un immense espace de 34 hectares capable d'accueillir jusqu'à 50 bateaux à sec. A titre de comparaison, Barcelone, l'un des chantiers navals de référence, ne peut en recevoir qu'une dizaine en simultanée. « Il a fallu remettre en service les outillages anciens, réaliser de nouveaux équipements pour la mise à sec des yachts, et réaménager une grande partie du site, notamment pour y créer des postes d'arrêt technique à terre, spécialement équipés pour des yachts de 24 à 80 mètres », commente Jean-Philippe Mignard, directeur général de la Semidep, Société publique locale d'aménagement chargée depuis 1995 de relancer les chantiers navals.

90 millions d'euros d'investissement
Les chantiers navals de La Ciotat accueillent désormais près de 500 yachts à flot et assurent 220 à 250 mises à sec chaque année (contre 90 en 2004). La force du site est également d'avoir attiré au cours des deux dernières décennies des entreprises leaders du marché, comme Monaco Marine et Composite Works, qui en font désormais un véritable cluster dédié à la maintenance des grands yachts. Au total, une quarantaine de sociétés spécialisées représentent aujourd'hui les différents métiers du secteur, capables d'entretenir et réparer n'importe quelle pièce ou partie du bateau, tels que mécanicien, électricien, électronicien, peintre, menuisier,… Conséquence : un chiffre d'affaires global qui s'élève à 70 millions d'euros et un total de 600 emplois créés. Une synergie publique privée a largement participé à cette dynamique avec pas moins de 90 millions d'euros d'investissement depuis 1995, financés à hauteur de 40 % par la Semidep et les collectivités locales. Pour rester à la pointe sur ce marché, 43 M€ supplémentaires sont déjà prévus sur la période 2011/2017.

Plusieurs équipements performants participent ainsi à la notoriété du site comme cet ascenseur à bateau mis en service en 2007 pour des bateaux jusqu'à 2 000 tonnes et 80 mètres de long, ou encore cet élévateur à sangle pour ceux de moins de 300 tonnes et 40 mètres de long. « La modernisation de la Grande Forme (ndlr : un bassin de mise à sec des navires) élargira encore en 2014 le champ d'activité des chantiers navals en permettant de travailler également sur des yachts de plus de 80 mètres et 2000 tonnes, ajoute Jean-Philippe Mignard. Ce segment, le plus dynamique du marché, a un énorme potentiel ». Les chantiers navals comptent bien maintenir leur leadership européen.

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