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Saint-Martin, la longue reconstruction

Publié le 8 décembre 2022

En ouverture de la Conférence Outre-mer 2022 (28 novembre-2 décembre), la FedEpl a tenu à se rendre à Saint-Martin, île dévastée par l’ouragan Irma en septembre 2017. Si Saint-Martin a retrouvé une certaine attractivité touristique, le chantier social et immobilier reste important pour que la carte postale soit complètement belle.

Saint-Martin, dévasté par le passage de l’ouragan Irma (Wikimédia Commons)

Ravi d’accueillir cette conférence Outre-mer, Louis Mussington, président de la Collectivité de Saint-Martin, saisit cet évènement « comme une aubaine pour évoquer les enjeux de développement économique de rénovation urbaine du territoire de Saint-Martin. Et ces enjeux sont nombreux depuis le passage de l’ouragan Irma. Depuis 2003, deux quartiers ont intégré le programme de quartiers prioritaires de la ville sans un retour probant ». Insistant sur le fait qu’aucun territoire ultramarin n’est identique, il évoque la nécessité d’une action spécifique en sollicitant la possibilité de permettre à Saint-Martin d’avoir recours à l’ANRU et l’ANAH en dépit de son statut constitutionnel. Par ailleurs, il a confirmé que la collectivité était en cours de constitution d’une Spl d’aménagement.

Marier habitat et environnement

Pour Patrick Jarry, président de la FedEpl, « la résilience affichée par Saint-Martin après l’ouragan mérite d’être saluée ». Le format hybride de l’outil Epl, son aptitude à être une réponse à de nombreux défis capables de s’adapter à la réalité de chaque territoire, à l’ambition de chaque projet, dans le respect de chaque volonté politique « mérite d’être saisi par les élus ». Un propos qui entre en résonnance avec celui de Louis Mussington, souhaitant potentialiser les compétences dans le domaine de l’environnement. « La collectivité de Saint-Martin est compétente en matière d’urbanisme, mais sans latitude sur la question environnementale qui reste dans le pré carré de l’Etat. Dans un souci d’efficacité, il est préférable que la même entité ait la maîtrise des deux compétences. Car pour l’heure, il faut toujours solliciter l’Etat pour des chantiers qui exigent la prise en compte de l’environnement », explique ce dernier.

Le préfet mise sur l’économie mixte locale

Le préfet délégué auprès du représentant de l’Etat, Vincent Berton, a salué l’action des Epl comme acteurs majeurs et reconnus comme tel. « L’entreprenariat public local est essentiel, majeur, notamment au regard des défis de Saint-Martin qui sont de plusieurs ordres : le logement social, aucune construction/livraison de logement sociaux depuis l’ouragan Irma n’a été enregistré, la requalification et de la rénovation ». Il s’inquiète du danger lié aux tensions sociales, avec 4000 jeunes Saint-martinois qui ne sont ni en emploi, ni en formation. « Je crois au modèle de l’économie mixte locale et souhaite la création dans les plus brefs délais de la Spl d’aménagement que je perçois comme un outil dédié nécessaire. Nous devons disposer des bons outils pour pouvoir gérer de manière très volontariste et très déterminé la remise à niveau de l’aménagement et des équipements publiques sur Saint-Martin ».

Quand les Epl carburent à l’innovation…

Après ces discours, une plénière s’est tenue au théâtre La Chapelle à Marigot sur le thème de l’économie mixte, secteur d’innovation et de résilience au service des territoires. En visio depuis La Réunion, François Aservadompoulé, DG de la Spl Oser pour l’éducation, a présenté la démarche originale déployée par la Spl dans le secteur de la petite enfance, du périscolaire. « L’ambition est de créer l’école du bonheur en portant une politique de l’enfance forte sur le territoire », a-t-il expliqué. Le même sens de l’innovation guide les pas de la Saeml Cyclea La Réunion. Créée en 2005, cette Sem répond à des DSP et intervient aussi sur le secteur privé. « La Sem met la RSE au cœur de sa stratégie de développement. La performance en terme de captation des ordures exige une pensée globale du territoire en intégrant tous les acteurs, via des discussions très en amont avec les bailleurs. Le marché des déchets est également une richesse, une ressource. L’économie circulaire est ainsi un axe fort », a expliqué son DG, Laurent Blériot.

La puissance de frappe des fédérations régionales des Epl

Alain Richardson, PDG de la SEMSAMAR, a évoqué le travail réalisé sur le quartier d’Orléans, dans le cadre d’une réhabilitation dite améliorée (lire article en cliquant ici). De son côté, Didier Aldebert, président du Conseil des fédérations régionales de la FedEpl, a salué le travail des trois fédérations régionales ultramarines (Océan indien / Caraïbes / Nouvelle Calédonie). « Elles sont aujourd’hui des lieux d’échange, de benchmark et d’actions politiques en lien avec la FedEpl », a-t-il confirmé.

Par Pierre-Charles POUGOUE
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