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L’université, nouvelle frontière

Publié le 22 octobre 2015

L’enseignement supérieur en France est partagé entre 86 universités et plus de 430 grandes écoles, disséminés sur près de 18 millions de mètres carrés soit la superficie de l’ensemble des lycées français. Essentiels pour le rayonnement de la France et le dynamisme de ses territoires, l’enseignement supérieur comme la recherche pâtissent pourtant d’une inadaptation de leurs équipements à leur usage. Comment les Epl peuvent participer aux nouveaux défis auxquels sont confrontées les universités ? Tour d’horizon.

"Comment faire travailler ensemble les Epl et les universités ?", lance Richard Lioger, 1er adjoint au maire de Metz, président de la Fédération des Epl Champagne-Ardenne Lorraine et pour l'heure président de séance. Hervé Benoît, directeur programmation et schémas directeurs à la SCET et animateur de la table ronde, dépeint la situation complexe des universités. "En France, plus d'un tiers de leur patrimoine n'est pas aux normes, voire dégradé et ne répond plus aux objectifs des collectivités". Pourtant, longtemps reléguées au second plan, les universités retrouvent leur place centrale, notamment avec le Plan Campus lancé en 2008. Hervé Benoît évoque les grands défis qui les attendent entre transition énergétique, innovation pédagogique et développement urbain.

Une université peut changer la morphologie urbaine

Gilles Baillat et Pierre Mutzenhardt, respectivement président des universités de Reims-Champagne-Ardenne et de Lorraine, ont agi en grands témoins des mutations qui agitent aujourd'hui le monde universitaire. "Nous sommes dans une nouvelle époque où la relation entre la ville et les universités évolue", s'accordent les orateurs. Les présidents affirment de concert que les universités ne sont pas outillées pour répondre à l'attractivité internationale aujourd'hui nécessaire, de même qu'aux impératifs de mobilité.

Le campus universitaire doit devenir une vitrine apte à séduire les étudiants français comme étrangers mais aussi les entreprises. En outre, "devant la marée démographique que provoque l'afflux de 60 000 étudiants de plus chaque année, les universités doivent s'armer", affirme Gilles Baillat, "l'université est un acteur qui peut complètement modifier la morphologie urbaine ; elle provoque la naissance d'un écosystème, rendant son impact sur le territoire colossal". Pierre Mutzenhardt, aussi président de la Conférence des présidents d'universités, conclut :"à nous, ensemble, d'inventer les mécanismes pour travailler avec les Epl".

A ces nombreux constats tentent de répondre les opérationnels, représentés par Robert Kocian, directeur Marketing et développement de la Sem luxembourgeoise Agora, et David Bellanger, chef de projet à la Société économique du Rhône et de Lyon (Serl). L'aménageur luxembourgeois a été mandaté pour créer une université de toute pièce sur une ancienne friche industrielle. Au-delà de la volonté de développer la première structure d'enseignement supérieur du pays, l'université constitue un véritable projet urbain, qui doit permettre d'orienter les nouveaux flux d'emplois, déplacer les activités économiques vers le sud et déconcentrer la capitale.

De même, la Serl, à travers son chef de projet David Bellanger, a partagé son savoir-faire en présentant deux réalisations : le centre universitaire des Quais et la faculté de médecine et pharmacie Rockefeller de Lyon. Prenant appui sur ces exemples réussis de coopération collectivités-université-Epl, David Bellanger a rappelé les atouts des Epl entre souplesse et adaptabilité aux exigences des collectivités.

Par Margaux FIX
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